mardi 17 mai 2011

Playlist / Mardi 17 mai 2011


Nick Mauss, Inversions/L'amitié, 2010 (Courtesy l'artiste et galerie Neu)

Playlist / Mardi 10 mai 2011


Julien Carreyn, Les cousines déçues (extrait), 2010 (Courtesy l'artiste et galerie Crèvecœur)

mercredi 11 mai 2011

"Mes 5 morceaux du moment", par Elie


Vuk Vidor, The Flag, 2007 (Courtesy l'artiste et Art prestige concept)

Je parle peu musique. Parce qu'au final, j'y connais pas grand chose. Je lis rien. A part Magic, parfois. Mais par contre j'écoute ce qu'on me dit et ce qu'on me passe. Et avec deux accolytes comme Antoine et Seb, on me dit et on me passe souvent des trucs plutôt chouettes.

Ils sont 5.

Cinq morceaux qui font de moi un homme fier et heureux d'aimer la musique en ce chaud printemps. Une musique ingénieuse, inventive et généreuse. Très chouette (c'est mon mot du moment).

Tour d'horizon dans l'désordre.

1 - Whomadewho : "Every minute alone". Quelques semaines plus tôt, j'aurais mis un morceau du dernier Fujiya & Miyagi. Mais entre temps, le trio danois est revenu avec un nouvel album, Knee Deep. Son fer de lance était donc ce "every minute alone", morceau qui gagne en intensité au fil des secondes avec une ligne de basse et une batterie puissantes, balancé en EP quelques jours avant la sortie dans les bacs de l'album, accompagné d'un clip très drôle et de quelques remixes un peu pourris (pour le coup).
"Every minute alone" est un concentré de sensations. Parfois, c'est l'oppression de la ligne de basse qui prédomine et qui donne à la chanson un côté moite très "dancefloor pour jeunes trentenaires". Et puis ensuite la guitare va reprendre le dessus et filer un petit truc très explosif au tout. Et enfin il y a ces choeurs et la voix de Jeppe, résignée, qui donnent la touche finale au morceau, ce truc qui fait qu'on se l'approprie, qu'on en fait un hymne. Et un hymne aussi décalé, dédié à la vie difficile menée par les hommes quand il n'y a pas de femmes, c'est génial.


2 -  Connan Mockasin : "forever dolphin love". Tiré de l'album du même nom ("éponyme" dit-on quand on écrit pour les inrocks ou télérama. Mais comme je n'écris dans ni l'un ni l'autre -ouf- du coup, je parle comme tout le monde).
Quand Seb a diffusé ce morceau dans l'émission, ça nous a interpelés. Un ovni de 10 minutes, dont les 4 premières sont consacrées à trois intros (oui, trois), dont une très floydienne, forcément, ça laisse pas indifférent. Mais le reste du morceau m'a accroché et il s'est pas passé 12 heures avant que je le réécoute et le réécoute encore.
L'intro, donc. C'est une vraie intro, qui nous "plonge" littéralement dans l'ambiance du morceau, éthéré, polymorphe et entêtant.
Et puis il y a ce break.
Cette fameuse intro finit quand même dans un petit bordel avec même des bruits de robot. Vers les 3'50, une ligne de guitare émerge, accompagnée par une batterie légère. A 4'15 surviennent cinq coups de caisse claire qui remettent tout le monde en ordre et font démarrer le morceau. C'est fou de scotcher sur les breaks, mais j'aime particulièrement ça. J'en ai parlé avec Bruit fantôme lors de sa venue dans l'émission, car le bougre partage cette même fascination que moi pour ces virgules musicales, dont la force est de tout changer en 2 secondes.
Chacun son truc, hein.
Bref, tout se met donc en ordre de marche et là, c'est tout simplement merveilleux. Une ambiance douce, très "aquatique" (si Indochine a inventé "le cri dans l'eau en hiver", Connan Mockasin, lui, lance l'aqua-chant). Il y a quelque chose de fragile dans ce morceau, qui touche la petite fille qui sommeille en moi. Qui réveille mon amour enfantin pour "Le Grand Bleu". Cette façon de saccader les "love-ah-ahahah-ah" est très proche des trucs qu'on faisait quand, tout jeune, on chantait des trucs qu'on avait inventés. On boucle la rime comme on peut et voilà, quoi. Connan, il fait ça. Et il le fait super bien. Son morceau me donne envie d'aimer les dauphins, lui, les gens et tout ce qu'il voudra, il a touché mon petit cœur de toutes façons, il a le droit de tout.
(en plus, le clip est bô).

3 - Hundreds : "I love my harbour". Wooo, la claque que je me suis pris la première fois que j'ai entendu ce morceau. Super beau, vraiment. Il parait que Hundreds est un duo frère / sœur allemand et qu'ils sortent là leur premier album. Le reste m'a pas mal séduit aussi, mais ce "I love my harbour" est une vraie perle, belle et délicate. Un côté piano qui me fait penser à des trucs type Berg sans Nipple ou Playdoh d'il y a quelques temps. Ça touche mon petit côté mélostalgique. Une voix envoutante et une production sobre et efficace s'y ajoutent et le tout donne un morceau beau, subtil et vaporeux. Le meilleur du genre en ce début d'année pour moi. En plus, leur visuel est très réussi.

4 - John Grape : "Kill you". "Kill you" est à l'image du trio rémois (cocorico) : génial. C'est simple, pour moi, c'est LE morceau pop de ce début d'année. Il parle même d'amour, c'est dire. C'est l'illustration musicale du grand principe qui veut que simplicité = efficacité. Des arrangements et une batterie discrets qui servent des paroles touchantes, chantées à merveille par Vivien, le tout formant un ensemble très poignant, tantôt très doux et virant vers le plus fort. Un morceau d'amour, un vrai, qui tutoie tes tripes et fait cogner très fort ton petit cœur dans ta poitrine, soudain trop petite. Le morceau pop de ce début d'année, c'est incontestable et y'a rien d'autre à dire.
Et c'est vraiment chouette qu'il émane d'un groupe aussi sympathique et doué que John Grape, que j'aime d'un amour sincère.

5 - Rubin Steiner & Ira Lee : "Gay & Proud". Autre style! Une paire de gens de mon voisinage et de mon bureau ont dû se poser des questions me voyant, selon les jours, poussant la poussette de ma merveiiiiilleuse petite fille, aux côtés de Madame, ou marmurlant ( "marmonner" + "hurler". I feel soooo Barney Stinson today) que j'étais homosexuel et fier de l'être. C'est une part de la magie de mon ami Ruru Steiner. Il nous sort ici une partie musicale hip-hop vintage qui fait bigrement sautiller, sur laquelle il place les lyrics délirants du canadien rappeur Ira Lee. Des paroles toutes simples qui permettent, donc, au piètre angliciste que je suis de les balancer à tue-tête. "Say it loud !".

mardi 3 mai 2011

Playlist / mardi 3 mai 2011


John McCracken, de gauche à droite : Luster, Stardust et Ring, 2006 (Courtesy l'artiste et David Zwirner Gallery)

Woodkid / Iron
Bright eyes / Road to Joy
Bright eyes / Gold Mine Gutted
Beirut / The Penalty
Yann Tiersen / La terrasse
James Blake / I never learnt to share
Burial /Archangel
Connan Mockasin / Forever Dolphin Love
Beastie Boys / Make Some Noise
Daedelus / Penny Loafers
Deerhoof / Qui dorm, nomès somna
Mclusky / Alan is a Cowboy Killer
Justice / Civilization
Arnaud Rebotini / Personnal Dictator
Hundreds / I love my harbour
A sunny day in Glasgow / Sigh, Inhibitionist
Gastr Del Sol /The Seasons Reverse
Tortoise / TNT
Jay Jay Johanson / Monologue

lundi 2 mai 2011

Viva ballenas independientes !


Hans-Peter Feldmann, Posters, 1976 (Collection FRAC Nord-Pas de Calais)

Et si je vous causais un peu d'musique, pour changer ?

Les joies du sampler. Une heure de choses dont tu n'as strictement jamais entendu parler, ou presque (j'ai une capacité mnémonique proche de celle du poisson rouge, ça aide pas, mais là je jure qu'à deux ou trois morceaux près...), réunies sous un obscur étendard, "Better pop music". Cool.
En plus, ce gentil disque m'a été envoyé gracieusement avec mon exemplaire de "Swim".
Très cool.

Je l'avoue, je suis homme à me fier à deux ou trois apparences : un nom évocateur, un visuel accrocheur... Apparences qui, selon mon humeur du jour, la position de la lune ou l'âge du Capitaine, peuvent très bien me séduire à jamais ou me rebuter de manière irréversible.

Je parcours la playlist dudit sampler et tombe, interloqué, devant un sobriquet, ma foi, rigolo :"freelance whales". Ok, les "baleines indépendantes", ça, ça me botte, on y va. "Generator 2nd floor" lâche ses premiers accords, puis dévoile très vite son optimisme et son énergie : je suis sous le charme.

254 écoutes plus tard, ce charme opère toujours (je suis par ailleurs très monomaniaque, mais on y reviendra une prochaine fois), sans que je n'ose encore aller à la découverte de leur album "Weathervanes". Pas envie que mes jolies baleines ne troquent leur liberté et leur fraîcheur pour quelconque pop lourde et convenue. Les amours déçues, j'ai donné étant plus jeune et je me suis juré de ne pas y revenir. Je résisterai à la tentation, foi de moi.

Mais je n'ai aucune volonté.

Et un beau jour, je trouve l'opus sus-nommé en écoute sur un site internet bien connu. Allez, après tout, je ne risque pas grand chose à écouter le premier niveau du fameux "generator", qui ouvre l'album... Ok, pas mal.

... Allez... Je me suis "saisi"... Maintenant, je plonge.

Et ben "weathervanes" est vachement bien.
Sérieux.
Et je dis pas ça parce que "freelance whales", un an après, ça me fait toujours rire. Non non, c'est un disque pop ensoleillé, sans grande prétention, mais bigrement efficace. Bon, ça ne sera pas non plus le truc qui marquera à jamais votre vie (quoique, "freelance whales", ça s'oublie pas), mais le premier album de la troupe new-yorkaise regorge de petites mélodies et autres envolées pop qui ne devraient pas déplaire aux amateurs de Sufjan Stevens (certains parlent aussi d'Arcade fire, mais je ne m'y aventurerai pas) ou, pour citer d'autres références, de Passion Pit, Arch Woodmann ou Belle & Sebastian.

Le parallèle avec ce cher Sufjan ne tient pas qu'aux mélodies. L'ambiance et la construction de "Weathervanes" m'ont fait penser à "Come on and feel the Illinoise", notamment sur la façon d'amener le génial - allez, j'ose- "generator 2nd floor". Ça lui donne presque autant d'impact qu'un "Chicago". Si si. Presque.

Donc voilà, "Weathervanes" a tout pour être LA bonne surprise et LA bo officielle d'un printemps ensoleillé. Il succède dans ce palmarès, de mon côté, au "Wolfgang Amadeus Phoenix", c'est LE disque qui tombe à pic, qui colle à la douceur ambiante et qui te donne envie d'aimer le monde (sauf toi, là-bas). Et pour couronner le tout, mes baleines chéries, qui ont l'air fort sympathiques -en témoignent de nombreuses vidéos live- regorgent d'idées, et ça c'est bien chouette.

Et pour le prouver, voici la (bien chouette, donc) vidéo qui a été faite sur leur (bien chouette) morceau "Enzymes".

Elie (bien chouette)

mardi 19 avril 2011

Playlist / mardi 19 avril 2011



Rainier Lericolais, Oscillogramme, 2007 (Courtesy l'artiste et galerie Frank Elbaz)


The Strokes / Taken for a Fool
The Innocence mission / My sisters return from Ireland
To Rococo rot / Telema
Pantha du Prince / Stick to my side (Four tet remix)
The Go-betweens / Two step, step out
The Go-betweens / Love is a sign
Einstürzende Neubauten / Youme & meyou
Einstürzende Neubauten / Let's do it a dada
Sébastien Schuller / Donkey boy
Pokett / Three more chords
Pan American / Skylight
Jònsi / Kolniòur
Deleyaman / The doubt and louyce

et en cadeau, le clip du très bon "Every minute alone" :

 

... et celui de "The Gutter"

mardi 12 avril 2011

Playlist / mardi 12 avril 2011


Amish Fulton,  An Eighteen Day Road Walk Across Southern England, 1984 (Courtesy l'artiste et Danese Gallery)


Airwaves / Ride
Timber Timbre / Too old to die young
Kurt Vile / Peeping Tomboy
Metronomy / The Look
M83 / Slowly
The Pains of being pure at heart / Belong
The Smashing Pumpkins / Cherub Rock
The Unthanks / The Gallowgate Lad
Wovenhand / A Holy Measure
Warpaint / Set your Arms down
Portishead / The Rip
L'Altra / Soft Connection
L'Altra / Telepathic
The Stranglers / Nice n'Sleazy
Modern English / Life in the Gladhouse
Mondkopf / extrait du live @ Gaité Lirique
Mondkopf / Scream of stars
Hot club de Paris / Free the Pterodactyl 3
Thurston Moore / Circulation (1st demo)

lundi 4 avril 2011

"Watashi wa Nihon ga suki desu!" - Makoto Shinkai

Troisième rendez-vous nippon, consacré à celui qu'on a parfois appelé "le nouveau Miyazaki" (ce qu'il a eu le bon goût de refuser) : Makoto Shinkai.

Le côté Miyazaki, on le trouve vite dans deux caractéristiques des films de Shinkai : ils sont esthétiquement irréprochables, ils sont habités par une très agréable ambiance contemplative et ils mettent souvent en scène des enfants. Ca s'arrête plus ou moins là. Résolument ancré dans le Japon contemporain (restitué très fidèlement), l'univers de Shinkai est aussi marqué par une dimension fantastique empruntée aux jeux vidéos (son premier métier).

En fait, Shinkai serait presque plutôt "le Jiro Taniguchi de l'animation", plus que "le nouveau Miyazaki". On retrouve beaucoup de choses en commun dans leurs travaux, et notamment cette immersion dans le Japon actuel teintée d'une touche surréaliste. On voyage dans le temps autant que dans l'espace.

Concrètement d'ailleurs, pour l'espace, thème que l'on retrouve dans "La Tour au-delà des nuages" et dans "Voices of a distant star".
Le temps se traduit plutôt par l'évolution des sentiments amoureux au fils des ans. C'est un aspect du scénario de "Voices of a distant star" ou les deux héros sont "séparés" par des années lumières et c'est le sujet du très très beau "5 centimètres par seconde".

L'autre chose qui me fait penser à Jiro Taniguchi en évoquant Shinkai, c'est la douceur simple qui habite leurs travaux. Les scénarios ne sont pas forcément transcendants (j'exclue "Quartier Lointain"), il faut accepter de se laisser porter. "5 centimètres par secondes" en est le parfait exemple. Il est très beau (déjà dit), il est aussi et surtout très "doux", apaisé et sensible. Un brin facile parfois, c'est vrai. Disons qu'on voit bien où on va atterrir, mais c'est pas grave. Le voyage est agréable, chouette et nous fait passer un super moment.



A noter qu'un coffret dédié à Makoto Shinkai existe. On y trouve "Voices of a distant star" et "5 centimètres par seconde", mais aussi le délicieux court-métrage "Elle et son chat", œuvre de jeunesse de Shinkai, qui raconte les relations d'un chat très "kawai" avec ses amoureuses : sa maîtresse et la jeune chatte Mimi. Les chats sont trognons à souhait et ce monologue félin est un régal.

mardi 29 mars 2011

Playlist / mardi 29 mars 2011


Raymond Pettibon, No Title (Ruining their looks...), 1982 (Courtesy l'artiste et David Zwirner Gallery)

Seb Adam / Les rosiers
Grimes / Vanessa
Alela Diane / To begin
Elliott Smith / Can't make a sound
MGMT / Someone's missing
Chain & The gang / Detroit music
Chain & The gang / Detroit music pt II
Make up / Wade in the water
Kim / La grande traversée
My bloody Valentine / Sometimes
Daniel Snaith & Four Tet / Ye Ye
Rubin Steiner & Ira Lee / Gay and Proud
Young Michelin / Les copains
Dan Auerbach / Whispered words (pretty lies)
Calc / I care about you
Low / Especially me
Seb Adam / Manchester rain
R. Stevie Moore / I've begun to fall in love
Paul & Linda Mc Cartney /  Ram on

mardi 22 mars 2011

Playlist / mardi 22 mars 2011


Öyvind Fahlström, Garden - A World Model, 1975 (Courtesy The Öyvind Fahlström Foundation and Archive at MACBA)

Jose Gonzalez / Cycling Trivialities
The Posies / She's coming down again
Teenage Fanclub / Happiness
The new Pornographers / Hey snow white
Arch Woodman / Five Blessings
Syd Matters / Rest
Keren Ann / You were on Fire
Chieko Mori / Midare (Chaos)
Daedelus / Slowercase D
Bolibol / Friends
PJ Harvey /The last living Rose
Les Marquises / Oh my Lover (PJ Harvey cover)
The Married Monk / Painful Summer
Mendelson / Auto stop
Avey Tare / Oliver Twist
Akron Family / Light Emerges
Josh T. Pearson / Sweetheart I ain't your Christ

lundi 21 mars 2011

"Watashi wa Nihon ga suki desu!" - Satoshi Kon

On continue ce petit voyage dans l'animation nippone avec un réalisateur que j'aimais particulièrement : Satoshi Kon.

En fait, j'avais préparé une sorte de "capsule" en son honneur pour diffuser à la radio, mais ma nullité en techniques de montage audio l'a rendue inaudible. Je vais tâcher de me rattraper aujourd'hui.

Si je me suis arrêté sur une œuvre particulière de Takahata, je serai bien incapable de faire de même pour Satoshi Kon. Le premier de ses films que j'ai vu, c'est le génial "Tokyo Godfathers". Un coup de foudre. Rétrospectivement, c'est bien d'avoir commencé par ce qui est son troisième film, il est très réussi tout en étant... "facile à regarder". Les graphismes et l'animation sont très chouettes (remarquez, tous les films de Satoshi Kon sont irréprochables de ces côtés là), les personnages sont hauts en couleurs, l'histoire est simple et efficace et enfin, la musique de Keiichi Suzuki (qui a bossé avec Kitano sur "Zatoichi") est la petite cerise que l'on apprécie toujours de trouver à sa place, sur le gâteau.
Certaines séries ou certains films placent des villes ou des lieux comme actrices / acteurs à part entière. C'est bien connu : "Friends" ou "How I met your mother" pour NY ou -pour faire vite-  "Amélie Poulain" pour Paris (la liste est longue). La capitale japonaise est l'un des personnage du film de Kon, géographiquement et sociologiquement. "Géographiquement", je pense que tout le monde pige, pas de problème. Pour expliciter le côté "sociologique", je dois rentrer un peu dans le scénar du film. Grosso modo, "Tokyo Godfathers" raconte l'histoire de trois SDF, un homme ruiné, un travesti et une adolescente fugueuse, qui trouvent un bébé et une clé le soir de Noël. On suit leurs aventures pour retrouver la mère dudit bambin et on se plonge dans le quotidien singulier des SDF de Tokyo (on découvre les fameuses tentes carrées dans les parcs). Pour l'avoir vu en vrai, c'est exactement ça.


Un autre des aspects des films de Satoshi Kon, c'est la mise en scène des rêves et des troubles psychiques. Il a commencé dès son premier film, "Perfect Blue", et sa jeune chanteuse Mima, frappée de schizophrénie, il l'a approfondi dans "Paranoia Agent" -série hallucinée en 13 épisodes qui nous met en chasse du "gamin à la batte"- et on le retrouve dans son dernier film, "Paprika".


"Tokyo Godfathers" était un coup de foudre, mais "Paprika", on en tombe amoureux. Les aventures de cette ardente rousse, sorte de "Miss Hyde" d'une professeur toute sage, sont un pur régal.


Comme j'ai déjà été assez long dans ce post, je vais un peu abréger. "Paprika", il faut le voir. Ce rythme, cette héroïne aussi sexy que délurée, cet univers saupoudré de sortes de dimensions parallèles, cette fin à la Akira (Satoshi Kon a appris le métier de mangaka auprès du maître Ōtomo)... Et puis, cette musique. C'est Susumu Hirasawa, gourou de la "techno-punk", qui l'a signée. Hirasawa avait déjà bossé avec Satoshi Kon sur "Millenium actress" (on remonte un peu dans la frise chronologique, "Millenium actress" est le second film de Kon) et pour "Paprika", il signe une BO détonante, barrée, qui colle parfaitement au film.

« Je n'ai pas réussi à mourir ! » 

Satoshi Kon a été emporté par un cancer du pancréas le 24 août dernier, à l'âge de 46 ans. Auteur hyper doué, talentueux et généreux (il a participé à la création de la Japan Animation Creators Association afin d'améliorer les conditions de travail des jeunes animateurs), il a signé une œuvre aussi captivante que singulière, qui nous plonge aussi facilement dans le Japon contemporain que dans un univers parallèle halluciné. Parfois, en même temps, d'ailleurs !
Pour ceux qui n'ont pas la larme facile, Satoshi Kon a demandé à sa femme de publier un récit où il raconte ses derniers mois de vie. Il y décrit sa maladie, son combat et son agonie, "à la japonaise", avec humilité, humour, altruisme mais aussi une inquiétude et une émotion "maîtrisées", sincères et immensément touchantes.

mardi 15 mars 2011

Playlist / mardi 15 mars 2011


Geoffrey Farmer, The Vampire of Coyoacan and His Twenty Achichintles, 2010 (Courtesy de l'artiste et Casey Kaplan Gallery)

Mazzy Star / Flowers in December
Lykke Li / Sadness is a Blessing
Warpaint / Majesty
DJ Krush / Kemuri
Riow Arai / Hyp
DM Stith / A soft Seduction (David Byrne cover)
Koudlam / See you all (Vondelpark rework)
Sonic Youth / Thème d'Alice
Hercules and Love Affaire / Theme
Chromatics / Hands in the Dark
Forest swords / Hoylake Misst
Pete Astor / Buddha Said
Franck Alba / One Minute to shadO
Hannah Peel / But if I glance
Opiate / Some Birds are bigger than others
Wixel sonics / Seconds
Andrew Bird vs Konono n°1 & Sobanza Mimanisa / Ohnono/Kiwembo
Erland and the carnival / I wish I wish
John Grape / Pale Girl
Barzin / Look what Love has turned us into
Maria Minerva / Little Lonely
The Tyde with Piper Kaplan / Leaves (Primal Scream cover)

dimanche 13 mars 2011

"Watashi wa Nihon ga suki desu!" - Isao Takahata

L'actualité récente m'a un peu rattrapé. Ca fait quelques temps que je réfléchissais à écrire sur ce blog des choses sur certains aspects de la culture nippone.
Je verrai jusqu'où ça me mènera, mais je tiens à commencer par un hommage à des personnalités de l'animation japonaise, que j'apprécie tout particulièrement.

Oui, c'est vrai, au Japon, il y a Miyazaki. N'importe quel adulescent qui a vu une fois Totoro ou n'importe quel film du fondateur du studio Ghibli vous le ressort systématiquement. Et "blabla poésie" et "blabla onirisme" et "blabla messages de tolérance"... Qu'on ne s'y trompe pas, j'adore Miyzaki, évidement, mais je regrette que bien souvent, il ne soit que l'arbre qui cache la forêt. Y compris vis-à-vis du studio Ghibli, car en France on connait déjà beaucoup moins le travail d'Isao Takahata.

Isao Takahata
Takahata, c'est l'autre. L'autre tête pensante, l'autre génie du studio Ghibli. Il est connu par certains comme étant le réalisateur du magnifique (mais absolument larmoyant) "Tombeau des lucioles". Ou encore l'incroyable, décalé et hilarant "Pompoko". "Pompoko"... C'est un film merveilleux, qui traine des les rapports entre l'homme et la nature, mais sur un ton radicalement différent de celui d'Hayao Miyazaki.
Il nous plonge dans une tribu de Tanuki, esprits de la forêt, qui ressemblent à des blaireaux (wikipedia parle de chiens viverrin, mais je sais pas ce que c'est un "chien viverrin"), bestioles protéiformes aux énormes testicules, plutôt glandeuses et fêtardes sur les bords.

impressionnant, non?
Nos amis Tanuki sont dans la mouise. Dans les années 60, ces crétins expansifs d'humains ont en tête d'élargir encore un peu plus les contours de la mégalopole tokyoïte. Et notamment toucher les alentours de la rivière Tama. Les Tanuki vont alors se mettre à échafauder des plans pour faire comprendre aux promoteurs qu'il faut qu'ils laissent leur forêt tranquille (parce que, bien sûr, on est pas censés les voir, ces esprits). Bon, ok, y'a quelques longueurs, mais c'est intelligent, bien foutu, assez barré et surtout très drôle.
Autant "Le tombeau des lucioles" vous plombe n'importe quelle humeur au beau fixe (une fois prévenu(e), regardez-le quand même, c'est un chef d'œuvre absolu), autant "Pompoko" ensoleillera n'importe quelle journée pourrie (et dieu sait qu'il y en a).
Takahata est aussi le réalisateur de "Omoide Poroporo" ou "mes voisins les Yamada" et - a priori- c'est lui qui signera le prochain Ghibli :  "Le conte du coupeur de bambou ". Impressionnant, quand on sait que le maître a dépassé les 75 ans.

C'est tout pour aujourd'hui. Une prochaine fois, l'animation servira de prétexte pour parler aussi de musique, promis.

Et ça vaut ce que ça vaut : courage, mes amis japonais. J'ai eu la chance de visiter votre merveilleux pays et depuis, je ne rêve que d'une chose : y retourner...
Elie

mardi 8 mars 2011

Playlist / mardi 8 mars 2011


Manfred Pernice, Wolfenbüttel, Emsland (bipartite), 2004 (Courtesy l'artiste et galerie Neu)

The Third Eye Foundation / Closure
Alela Diane / To begin
Suzanne Vega / Caramel
Robin Pecknold (feat Ed Droste) / I'm losing myself
Forest Swords / Miarches
The Cave Singers / Dancing on our graves
Port O'Brien / I woke up today
Joy / Vertigone
The Apartments / Mad cow
The Low Anthem / Ghost Woman Blues
Solar Bears / Cub (Keep Shelly in Athens remix)
Of Montreal / Enemy Gene
MGMT / Song for Dan Treacy
Keren Ann / All the beautiful Girls
Benjamin Biolay / Dans Paris
Low / Try to Sleep
Tyler, the Creator / French (Toro y Moi remix)
Josh T. Pearson / Woman when I've raised Hell
Will Oldham / New Gypsy
La Sera / Never come around
Airwaves / Radio

mardi 1 mars 2011

Playlist / mardi 1er mars 2011


Daniel Pflumm, "o.T." (C&A), 1999 (Courtesy l'artiste et Kerstin Engholm gallery)

Mogwai / White noise
The Nightcrawler / Abel's looking for a major label
The Album leaf / Red-eye
Yo la Tengo / By two's
Calexico / Fade
Murcof / Recuerdos
Boards of Canada / Sixtyniner
Bot'ox / Blue steel
Zombie zombie / Halloween
Pastry case / A fish
Vampire weekend / Giving up the gun
PVT / Church with no magic
Mogwai / New path to helicon pt1 (live)
Hint vs Ezekiel / Chinatown
Salem / Asia
Bruit Fantôme / Krater
Bruit Fantôme / Kolonisation
Bruit Fantôme / Sad disco dancer

mardi 22 février 2011

Playlist / Mardi 22 février 2011


Michael Sailstorfer, Sternschnuppe, 2002 (Courtesy l'artiste et galerie Johann König)

Akron Family / Another Sky
Keep Shelly in Athens / Song to cheer you up
Puro Instinct / Silky Eyes
Das Racist / Rainbow in the Dark
Das Racist / Ha Ha Ha Ha Jk?
Korallreven / Honey Mine (Memoryhouse remix)
Seven Saturdays / Au revoir (Memoryhouse remix)
Crocodiles Inc. / Birthright
The Horrors / She is the new Thing
Lia Ices / Daphne
John Maus / And the Rain
Hushpuppies / Poison Apple
The Radio Dept. / Pulling our Weight
Toro y Moi / Still Sound
Teams vs Star Slinger / Say Please
Gil Scott Heron & Jamie XX / My Cloud
Portishead / Chase the Tear
Deerhoof / The Merry Barracks
The Decemberists / Cuyahoga
Discodeine / Synchronize

mardi 15 février 2011

Playlist / mardi 15 février 2011

 

Balthazar Lovay, Nochronos, 2010-2011 (Courtesy l'artiste)

Johnny Cash / Redemption day
Iris & Arm / Et pourtant
Casey / Créature ratée
Mogwai / Mexican grand prix
I love you but I've chosen darkness / According to plan
dEUS / For the roses
Moondog Jr. / TV Song
The Do / Dust it off
Crystal Fighters / Follow
Modeselektor feat Thom Yorke / The White flash
Gravite Zero / Hall 9000 (Abstrackt Keal Agram remix)
Dead Man Ray / Landslide
Styrofoam / Misguided
Stranded Horse / What diffrence does it make
Iron & Wine / Rabbit will run
Davide Balula & O.Lamm / I've got an obalulam on my mind
Animal collective / My girls
Tom Barman / Magdalena
Venus / Pop Song

mardi 8 février 2011

Playlist / mardi 8 février 2011


Brune Nauman, Slow Angle Walk (Beckett Walk), 1968 (Courtesy the artist / ARS New York)

LCD Soundsystem / Dance yrself clean
Egyptology / The skies
Zombie Zombie / Texas Rangers
The Wowz / Twist in the end
Marianne Faithfull / The stations
Death cab for cutie / Soul meets body
Mercury Rev / Goddess on a Highway
Anika / Masters of war
Lisa Li Lund / 12000 waves
Gravenhurst / Song among the pine
Badly drawn boy / A pure accident
Girls / Substance
Perio / Argument #342 revisited
Syd Matters / We are invisible
Ola Podrida / Instead
Still corners / Don't fall in love
La Sera / Devils hearts grown gold
Linda Perhacs / If you were my man
Arlt / Je voudrais être mariée
Elliott Smith / Waltz #2 (XO)

mercredi 26 janvier 2011

Mo'Fo'11 (2)


Robert Filliou, Musique télépathique n°5, 1976-1978 (Collection Musée national d'art moderne / Centre Pompidou, Paris)

Continuons notre petit parcours dans la programmation du festival Mo'fo' qui se tient ce week-end à Main d'Oeuvres.

La soirée du samedi sera forcément marquée par le grand retour de The Vaselines. Après leur premier album Dum Dum paru en 1989, on ne pensait pas forcément revoir ces écossais sur scène. Et pourtant, 21 ans après, ils publient en 2010 un second album inespéré, Sex with an X et sont aujourd'hui en tournée! Sauront-ils retrouver la fougue qui avait tant inspiré Kurt Cobain... Réponse dans quelques jours et vidéo tout de suite!



Toujours samedi The big crunch theory, ou la réunion de Lisa Li Lund et Gilb'R. Leur album 1992 vient de sortir chez Versatile et j'avoue être assez curieux de découvrir le duo sur scène. Le premier clip, Arrow, a un petit côté pop sixties pas désagréable que je vous laisse découvrir :


Bien d'autres choses à découvrir le samedi.. et surtout la joie de retrouver Etienne Jaumet. Son live en solo au bar de la Comédie de Reims il y a quelques années ou encore récemment avec Zombie Zombie à l'Appart café restent des souvenirs mémorables. D'un coup l'impatience me gagne... 

Mais n'oublions pas le dimanche qui sera la soirée des amis! Herman Dune, dont on attend de découvrir les nouveaux morceaux, d'un album à paraître au printemps, Turner Cody, The Wows, Ish Marquez, un vrai rassemblement Anti-Folk et un plateau qui serait déjà un rêve à lui tout seul! Mais comme Stranded Horse, Arch Woodman ou Da Brasilians seront également de la partie...  



Allez vivement le week-end!

mardi 25 janvier 2011

Playlist / mardi 25 janvier 2011



Michaël Borremans, Red Hand, Green Hand, 2010 (Courtesy l'artiste)

The Vaselines / No hope
Iron & Wine / Godless brother
Silver swans / Anyone's ghost (the national cover)
Fujiya & Miyagi / Ventriloquizzing
Phoenix / 1901 (live) 

Les réponses au thème "menteur" (soumis par Elie il y a 15 jours)

Seb :
Alain Bashung / La nuit je mens (live)
Dominique A / Le métier de faussaire

Antoine :
Elliott Smith / The biggest lie
Nick Cave & Kylie Minogue / Where the wild roses grow

Elie :
Presidentchirac / Stereo Power
Of Montreal / Gronlandic Edit

Libelul / Reality
Da Brasilians / About you
The Fruhstucks / My punk is alive (inside)
Keep Shelly in Athens / Hauntin'me
Cecile Corbel / Arrietty's song
Joe Hisaishi / The path of wind
Laetitia Sheriff / Alone/Not alone
Eleanor L Vault / Foutain (tribute to PJ Harvey)
Jonny / Circling the sun
Oh no oh my / Walking into me
Cloud nothings / Didn't you

For Adults Only (1)


Anna + Peter, vue de l'exposition Swing Project 1, FRAC Champagne-Ardenne, 2010

Désolé je ne vais pas vous parler de la dernière égérie Marc Dorcel (les Inrocks font ça très bien), ni vous dévoiler la sélection des clubs échangistes préférés de Stéréo! Juste une petite sélection de vidéos, de temps en temps, pour le plaisir...

En effet, sans pour autant évoquer Mylène Farmer, Kate Perry ou autres Madonna, l'érotisme n'en reste pas moins une valeur sûre dans le domaine du clip, propre à éveiller les sens des jeunes adolescents et à flatter les vieux esthètes pour le moins lubriques que nous sommes.

Quelques exemples qui ont marqué cette année 2010...

Le premier nous vient du Canada (avec un petit détour par Clermont-Ferrand et le label Kütu Folk). Evening Hymns évidemment, alias Jonas Bonnetta, dont l'album Spirit Guides est l'un des plus beaux disques de l'année passée. Il offre aujourd'hui à Dead Deer, un des titres envoutant de ce disque, une vidéo d'une sensualité marquée par les grands espaces naturels (ici le lac Ontario) et emplie d'une douceur sauvage troublante. De la délicatesse, beaucoup de liberté, c'est très beau...


Evening Hymns-Dead Deer from istoica on Vimeo.

Changement de continent et d'esprit avec l'espagnol El Guincho et sa bombe electro tropicale Bombay tiré de l'excellent album Pop Negro. Un voyage onirique dans le cosmos et les origines de l'univers, des visions aux frontières du surréalisme, un érotisme discret mais présent tout au long du clip... Résultat : des images qui risquent de hanter vos nuits.


El Guincho - Bombay from CANADA on Vimeo.

Enfin pour terminer cette petite série, une des révélations de ce début d'année, et en tout cas l'un des groupes français dont on parle le plus en ce moment : La femme. Ils viennent d'un peu partout en France mais ont Biarritz et Paris pour points d'attache. Pop synthétique très fortement marquée par les années 80, avec un son vintage pour le moins réussi. Leur premier maxi est toujours en téléchargement libre sur le netlabel Beko (single 36) et ils viennent de sortir un EP (chez Third Side Records) qui devrait les propulser sur le devant de la scène, comme leur tournée actuelle aux Etats-Unis semble l'indiquer.

La femme a donc récemment offert avec X un clip au fort potentiel érotique, voire beaucoup plus... Une ambiance de boudoir libertin punk-rock où les musiciens du groupe se font visiblement plaisir. L'esthétique rappelle les premiers films érotiques amateurs, tournés dans les maisons closes et autres lieux de plaisir de la fin du XIXème siècle. D'ailleurs si ce sujet vous intéresse, le dvd Polissons et galipettes est fait pour vous.
Malheureusement, le clip a mystérieusement disparu des univers numériques la nuit dernière... Affaire à suivre...

Et je vous quitte donc sur cette petite frustration!

dimanche 23 janvier 2011

Mo'Fo'11 (1)


John Cage, représentation de Variations V, 1965 (Courtesy of the John Cage Trust)

Bientôt le festival Mo'Fo, tant attendu chaque année, avec son impeccable programmation alliant découvertes, valeurs sûres, retours inespérés et expérimentations dans un esprit indé rock-folk qu'on ne trouve plus nulle part ailleurs.
Nous y serons évidemment mais en attendant le week-end prochain, petite sélection musicale...

Aujourd'hui la soirée du vendredi 28 janvier :

Jon Spencer et son groupe Heavy Trash pour un concert très rockabilly à n'en pas douter !


Rock toujours mais nettement plus noisy avec les parisiens de Cheveu.


Et un concert des new yorkais Fishermen 3 qui rappelle combien Mo'Fo a toujours été l'antenne française de la scène Anti-Folk.


Et des découvertes à n'en pas douter avec Eldia, Oh Tiger Mountains, Crane Angels et Yaya Tova, première occasion de voir la "famille" Herman Dune sur ce festival où ils seront présents lors de chaque soirée ! On en reparle très vite donc...