samedi 18 juin 2011

"Watashi wa Nihon ga suki desu !" - "Sakura" de Susumu Yokota


On Kawara, JULY 20, 1969, 1969 (Courtesy de l'artiste et David Zwirner Gallery)

C'est peut-être l'un de mes disques fétiches. L'un de ceux que je garde précieusement, toujours proche de moi. Non pas que je l'use à n'en plus finir, ça serait faux. Disons que je le sors quand j'en ai besoin.

Quand j'en ai besoin ?
Oui, car je considère qu'une part du bonheur consiste à avoir toujours le bon disque à écouter pour coller à son humeur. Et dans la grande B.O de ma vie, "Sakura" tient réellement une place de choix pour illustrer les moments de calme, de douceur et de sensibilité.

"Sensibilité", c'est le mot qu'utilise Mark Richard-San, de Pitchfork, pour décrire cet album. C'est bien vu. L'esprit lancinant, doucement rythmé et nappé, qui se dégage globalement de cet album peut être  traduit par "sensibilité". Du reste, le meilleur mot pour qualifier cet album, c'est encore l'auteur qui l'a trouvé : son titre, "Sakura", "la fleur de cerisier". Car la fleur de cerisier, aussi magnifique et douce est-elle, exerce une fascination ancestrale au pays du soleil levant à travers son symbole de "beauté éphémère". Grosso modo, la vie est considérée comme belle et courte, un peu comme une fleur de cerisier, qui se disperse très vite.

Dans le cas présent, la "beauté éphémère" dure entre 45 et 50 minutes, divisées en 12 morceaux qui se succèdent (presque) parfaitement dans les sonorités et les ambiances. C'est aérien, doux, fragile. Et ça transporte.

 Ça y est, j'ai lâché la bombe. "Ça transporte". C'est typiquement le genre d'expression qui me gave, ça, "ça transporte". Ça veut tout et rien dire. En l’occurrence, ça "happe l'esprit", quelque chose comme ça. J'évite soigneusement le "fait voyager", car finalement, y'a peu ou même pas de sonorités japonaises dans ce disque. Ce sont des nappes de clavier sur lesquelles des notes de piano, guitare ou même harpe atterrissent. Des choses très "ambient" qu'on retrouve, par exemple, chez Pan American, Brian Eno. C'est... méditatif? Ou du moins, apaisant.

"Sakura" est un disque que j'aime écouter à la fin d'une longue journée assez harassante ou quand le ciel est gris et bas. Il prend une dimension presque... épidermique. C'est un truc physique, un peu comme si les sons se glissaient sous ma peau pour la faire vibrer, puis la tranquilliser, alors que les beats -eux- bloquaient mon esprit contre toute autre notion étrangère à la douceur et au calme. Ça ne fonctionne pas tout le temps, mais c'est inscrit dans ma liste de petits bonheurs quotidiens quand, en hiver, avant la douche et avec peu de lumière, tu appuies sur play. Effet instantané.

Musicalement, je l'ai plus ou moins sous-entendu, tout n'est pas parfait. Finalement, si on écoutait ce disque d'une manière détachée, je comprendrais qu'on me dise qu'il ne s'y passe pas grand chose.
Mais voilà, ce qui est bien, avec la musique, c'est que (souvent), ça dépasse largement le simple enchevêtrement de sons. Je ne peux trop vous parler d'un morceau en particulier (en plus, les noms en japonais, on s'y perd vite), l'ensemble étant particulièrement cohérent et montant progressivement en intensité. A part peut-être "Hisen", la 7e plage de cet album (j'ai un attachement très particulier aux plages 7, souvent excellentes) dont la ligne de basse me fait toujours penser à une traduction musicale d'un feu d'artifice.
Et j'aime beaucoup les feux d'artifice.

Elie

mardi 14 juin 2011

Playlist / mardi 14 juin 2011


Pierre Malphettes, Un arbre en bois sous un soleil électrique, 2005 (Collection FRAC Rhône-Alpes)

Antonionian / Into the Night
Postal Service / Sleeping in
Oberhofer / I could go
Ben Lupus / Broken
Mojave 3 / Between the Bars
Suede / We believe in Showbiz
The Chap / Well done you
Guards / Don't wake the Dead
Wu Lyf / Heavy Pop
Alex Banjo / Plexus
Sébastien Tellier / Fantino
Wagon Christ / Chunkothy
The Beta Band / B+A
Washed Out / Eyes be Closed
Star Slinger / Elizabeth Frazer (Cocteau Twins rework)
Thurston Moore / Blood never lies
Okkervil River / Lay of the last Survivor
Summer Camp / I want you
Aladdin / The sun is on Fire
O'Death / Ghost Aid
The Big Crunch Theory / Arrows

Mixtape 2/2


Claude Lévêque, Nous sommes heureux, 1997 (Collection FRAC Poitou-Charentes)

Deuxième partie de ma sélection du week-end (oui, je sais, le week-end se prolonge un peu, mais ça prend du temps, tout ça). Contrairement au post précédent, il y a cette fois un petit topo sur chacun des groupes choisis, alors forcément, c'est plus long (à faire, et à lire). La sélection est forcément très orientée folk (ça ne vous étonnera pas...), voire même exclusivement composée de folk... Je suis comme ça, moi, en amour comme en musique, je suis exclusif. J'espère que ça vous plaira. N'hésitez pas à réagir sur le blog, sur FB, par courrier ou en appelant à la radio. Et surtout, enjoy !!

Porcelain Raft / Shapeless & gone : J'ai découvert Mauro Remiddi par le biais de je ne sais plus quel blog. J'avais passé "Tip of your Tongue" dans l'émission il y a quelques mois, et n'ai jamais cessé de m'intéresser à lui depuis, glanant des titres ici et là. Il vient de signer chez Secretly Canadian, c'est dire si le garçon a bon goût !! Entre rock lo-fi et morceaux plus acoustiques, il n'a pour l'instant sorti que des chefs d'œuvre...

Marissa Nadler / Baby, I will leave you in the Morning : Une jeune (et jolie !) chanteuse folk américaine dans la grande tradition de l'Americana. On la compare souvent à Kate Bush, Hope Sandoval ou Vashti Bunyan. Elle préfère citer Leonard Cohen, Nina Simone ou Pink Floyd. On retrouve effectivement parfois des passages qui rappellent les envolées du Space rock.

Frida Hyvönen / Everybody Hurts : On ne présente plus la petite fée suédoise. Après s'être inspirée d'une chanson de Dirty Dancing sur Silence is Wild, elle reprend aujourd'hui le classique de R.E.M. Bien que très fidèle à l'original, sa reprise se démarque de l'original par ses prouesses vocales notamment (oui, je suis amoureux, et alors !!).

Guerre / Fox Fur Morning : No Fear of Pop le qualifie de "master of gloomy and twisted R’n'B merging with ambient electronica". C'est bien dit, mais intraduisible... Chez Magic, on convoque plutôt Bon Iver et How to Dress Well, ce qui est plutôt judicieux (comme (presque) toujours chez Magic). En tout cas, un jeune homme à découvrir d'urgence (vous ne pourrez pas dire que vous n'étiez pas prévenus).

L'Altra / Telepathic : Un morceau extrait du nouvel album à paraître de L'Altra. Même s'ils ne se sont jamais vraiment remis de la sortie de In the Afternoon, les américains sont encore capables de sortir des morceaux de grande classe comme ce Telepathic envoûtant.

Woodpecker Wooliams  / Diego Diego : Un nom formidable, un visage d'ange, un univers qui rappelle Amiina ou Olöf Arnalds (des fées islandaises, quoi) et une voix proche de Joanna Newsom ou Emilie Simon (les trucs bien d'Emilie Simon, soyons bien d'accord). Y'a même de la pluie à la fin du morceau !!
Bonnie Prince Billy & the Phantom Family Halo / The Mindeater : BPB à son meilleur, accompagné ici d'un groupe de rock expérimental psychédélique de Brooklyn. Morceau titre d'un EP sorti récemment chez Sophomore Lounge, The Mindeater est jusqu'à une minute de la fin un morceau assez classique de Will Oldham. Quant à cette dernière minute, il s'agit d'un passage à l'orgue assez étonnant, mais fort agréable.

Daughter / Landfill : Un morceau de folk assez classique, mais la voix d'Elena Tonra est tellement magnifique que je ne pouvais pas passer à côté. 

Liam Finn / Honest Face : J'avais découvert la famille Finn il y a maintenant quinze ans (...) avec l'album Finn, réalisé par Neil (ex-leader de Crowded House) et Tim Finn. Je retrouve aujourd'hui le fils, avec une Daytrotter session de toute beauté. Ils sont quand même forts, ces australiens !!

Balam Acab / Oh, why : Alors, ça j'ai découvert il y a quelques heures, je n'ai donc pas grand chose à en dire, mais j'ai trouvé ça tellement beau que je l'ai ajouté à la liste. Je laisse Pitchfork et Gorilla vs Bear vous en parler, ils font ça mieux que moi. 

Little Kid / Logic Song / We waited... : L'un des derniers morceaux de Kenny Boothby, dont je ne sais absolument rien (et il semblerait que je ne sois pas le seul), sauf qu'il est canadien. Il vient donc de la même patrie que Caribou, Arcade Fire et Final Fantasy, ça me suffit pour l'aimer. De toute façon, pourquoi se priver de son folk/ambient lo-fi fort sympathique ?

Cankun / Your Fingers the Snakes : Nouvel alias de Vincent Caylet, après Archers by the Sea ou The Pistils Cosmos. Un projet folko-psychédélico-ambient signé sur le label Hands in the Dark : "J'ai créé Cankun car j'avais un besoin de créer du groove et de faire une musique plus rythmée… Mais ma musique est davantage celle d'une journée de fin septembre qu'une bande sonore de plein été". Quand je vous parlais de dimanche brumeux tout à l'heure...

Young Man / Playtime : Après des reprises d'Animal Collective, Beach House, Grizzly Bear, Bon Iver ou Ariel Pink, Colin Caulfield a enregistré récemment un EP intitulé Boy, forcément influencé par les groupes cités plus hauts, mais qui n'a pas à rougir de la comparaison, ce qui est déjà énorme. Une Daytrotter session plus tard et vous serez totalement conquis. 

Thurston Moore / Benediction : Même topo que pour Bonnie Prince Billly, je ne vais pas vous présenter Thurston Moore. Il s'agit d'un extrait de son nouvel album. Je ne l'ai pas encore écouté, mais Seb m'a dit qu'il était un peu moins immédiat que le précédent. Je vous laisse juger, même si ce morceau n'est sans doute pas représentatif de l'album. 

A Grave with no Name / Winter in Japan : Ne vous fiez pas au nom du groupe, il ne s'agit pas d'une nouvelle formation gothique ou emo. Non, non, A Grave with no Name est le projet d'Alex Shields, jeune londonien nourri au son de Pavement et autres groupes lo-fi américains. A rapprocher d'Atlas Sound ou Banjo or Freakout, en un peu plus "énervé". En tout cas, moi, j'aime beaucoup. 

Sea Oleena / Asleep at the Wheel : Un de mes coups de cœur de ces derniers mois. En plus d'être charmante et très talentueuse, Charlotte Oleena Loseth est en plus extrêmement généreuse, puisque tous ses morceaux sont disponibles en téléchargement gratuit. Du folk vaporeux, quelques notes de piano, que demander de plus ? 

The Head and the Heart / Down in the Valley : Après avoir vendu leur album éponyme auto-produit à 10000 exemplaires, ce groupe de Seattle a été signé par Sub Pop. Moi, j'y entends pas mal de similitudes avec Midlake, The Shins ou Fleet Foxes, notamment pour les chœurs. Un album de folk américain classique, c'est-à-dire indispensable. 

Chad VanGaalen / Sara : Encore un artiste signé chez Sub Pop, et encore un disque indispensable. Diaper Island est un disque de lo-fi dans la lignée des précédents opus du bonhomme. Et surtout, une chanson : "entamée l’air de rien par un sifflement désinvolte et une guitare acoustique, Sara bouleverse par sa mélodie et des arrangements délicats qui capturent l’amour et la mélancolie dans un filet d’arpèges et percussions. Un coup de foudre doux et irradiant." (Magic n° 152, mai 2011) 

Ellis Swan / Frankie and Charlie : Alors là, aucune info trouvée, à part ça, via No Fear of Pop : "At its core true-to-the-letter loner folk yet fuzzed out to the extreme and with quite a few twisted edges, Chicago-based artist Ellis Swan really got me with this slow-burning ballade about devotion in spite of reality and all other things that matter – reason among them. We’ve heard this story many times before, but it hurts each single time". 

Coma Cinema / Greater Vultures : Mat Cothran et sa bande ont mis en ligne gratuitement leur dernier album il y a quelques mois. Lui aussi biberonné à Pavement et Sebadoh, il livre aujourd'hui une musique forcément inspirée de ce courant lo-fi, mais agrémentée d'une délicatesse pop très anglaise. 

aux. out / Glossy Pavement #2 (alternate) : Garrett Mombourquette, jeune canadien de 17 ans, est l'une des révélations des derniers mois. Il décrit lui-même sa musique comme de l'"acoustic ambient electronica instrumental lo-fi". C'est peut-être un peu alambiqué, mais je ne saurais dire mieux !! 

Youth Lagoon / July : Encore une découverte toute récente. Trevor Williams Power sortira son premier LP dans quelques semaines. D'ici là, vous pourrez vous délecter avec les quelques titres disponibles sur la toile, pour la plupart faits de longues nappes contemplatives. On ne ressort pas toujours indemne de l'écoute des Cocteau Twins... 

Manjolia Mountains / Drone#1 : Et des norvégiens pour finir et sortir un peu de toutes ces références anglo-saxonnes. Et même des norvégiens qui font le lien entre rock psychédélique, krautrock et folk. Sur le papier, ça peut faire un peu peur, mais en fait c'est très bien, et même plus que ça. Ça sonne un peu comme du Tame Impala, en plus sombre, pour faire vite.

En bonus, deux morceaux que je n'ai pas réussi à encoder :
Sister Crayon / Stem : Groupe de Sacramento, Sister Crayon distille une musique folk éthérée aux accents parfois pop, qui rappelle Bat for Lashes. Ils ont également réalisé l'année dernière un split single avec Warpaint. Le morceau est à écouter ici.

Mavis The Dog / Not all things must pass : Un Daniel Johnston jeune. Ça fait un peu peur dit comme ça, mais le folk lo-fi de Scott Olsen rappelle indéniablement les œuvres du génial texan d'adoption. Vous pouvez télécharger l'ensemble de l'album sans crainte .

Voili voilou, je crois que ça y est. A très vite pour de nouvelles aventures.

xo 

lundi 13 juin 2011

Mixtape 1/2


Claude Lévêque, Rise of the Poisoned Youth, 2009 (Courtesy de l'artiste et galerie Kamel Mennour)

Chose promise, chose due !!

J'avais dit mardi dernier que je posterais sur le blog les morceaux que je n'avais pas l'occasion de passer à la radio. En voici donc une sélection. Il y a en tout une cinquantaine de morceaux, que j'ai répartis en deux "mixtapes". La première contient les morceaux plus dansants, et conviendra donc parfaitement à vos soirées entre amis. Quant à la seconde, que je dois encore encoder (Dieu que c'est long...), elle siéra parfaitement à l'atmosphère cotonneuse d'un dimanche brumeux (oui, je sais, on est bientôt en été, mais on ne se refait pas, je suis désolé).

C'est marrant, ça m'a rappelé l'époque où je restais posté devant ma chaîne pendant des heures pour faire des compils sur K7. Il me semble que la dernière remonte à l'époque où j'étais à Rennes, pour une demoiselle qui écoutait pas mal de rock qui fait du bruit. J'avais donc fait de mon mieux, et avais réuni des morceaux de Chokebore, Slint et Deftones, entre autres réjouissances. Sans succès... J'espère que cette fois, je parviendrai à faire chavirer quelques cœurs (au moins ceux de mes deux comparses du mardi soir) !! Si vous voulez tout apprendre de l'art de faire une compilation réussie, je ne saurai que trop vous conseiller le film High Fidelity de Stephen Frears (ainsi que le livre de Nick Hornby dont il est tiré).

Pour faire un rapide tour d'horizon des morceaux, vous trouverez dans la première des choses déjà entendues dans l'émission, comme Vondelpark (mon chouchou du moment), Summer Camp (avec un morceau beaucoup plus dansant qu'à l'accoutumée, et de fait moins proche de Memoryhouse), Maria Minerva, Sutja Gutiérrez ou Toro Y Moi. Pas mal de nouveautés également avec Yojimbo Billions, Ford & Lopatin ("formerly known as Games", comme dit Wikipedia), Aladdin (alias Nicolas Ker et Gilb'r) et Blood Orange (le nouveau projet de Devonte Hynes, déjà croisé dans Lightspeed Champion et Test Icicles).

Et si vous voulez tout savoir, j'ai un petit faible pour les morceaux de Guards, Hunters (ça doit être les guitares...) et Det Lilla Extra, qui me rappelle un peu Fever Ray et The Knife (certainement la swedish touch).

Et en super bonus (et surtout parce que je n'ai pas réussi à l'encoder), un lien pour télécharger Neon Colony, un morceau de Solar Bears que j'aime bien : c'est que ça se passe.

Je vais essayer de m'occuper de la seconde partie aujourd'hui, mais ça risque d'être un peu tendu.

A très vite, et enjoy !! xo

mardi 17 mai 2011

Playlist / Mardi 17 mai 2011


Nick Mauss, Inversions/L'amitié, 2010 (Courtesy l'artiste et galerie Neu)

Playlist / Mardi 10 mai 2011


Julien Carreyn, Les cousines déçues (extrait), 2010 (Courtesy l'artiste et galerie Crèvecœur)

mercredi 11 mai 2011

"Mes 5 morceaux du moment", par Elie


Vuk Vidor, The Flag, 2007 (Courtesy l'artiste et Art prestige concept)

Je parle peu musique. Parce qu'au final, j'y connais pas grand chose. Je lis rien. A part Magic, parfois. Mais par contre j'écoute ce qu'on me dit et ce qu'on me passe. Et avec deux accolytes comme Antoine et Seb, on me dit et on me passe souvent des trucs plutôt chouettes.

Ils sont 5.

Cinq morceaux qui font de moi un homme fier et heureux d'aimer la musique en ce chaud printemps. Une musique ingénieuse, inventive et généreuse. Très chouette (c'est mon mot du moment).

Tour d'horizon dans l'désordre.

1 - Whomadewho : "Every minute alone". Quelques semaines plus tôt, j'aurais mis un morceau du dernier Fujiya & Miyagi. Mais entre temps, le trio danois est revenu avec un nouvel album, Knee Deep. Son fer de lance était donc ce "every minute alone", morceau qui gagne en intensité au fil des secondes avec une ligne de basse et une batterie puissantes, balancé en EP quelques jours avant la sortie dans les bacs de l'album, accompagné d'un clip très drôle et de quelques remixes un peu pourris (pour le coup).
"Every minute alone" est un concentré de sensations. Parfois, c'est l'oppression de la ligne de basse qui prédomine et qui donne à la chanson un côté moite très "dancefloor pour jeunes trentenaires". Et puis ensuite la guitare va reprendre le dessus et filer un petit truc très explosif au tout. Et enfin il y a ces choeurs et la voix de Jeppe, résignée, qui donnent la touche finale au morceau, ce truc qui fait qu'on se l'approprie, qu'on en fait un hymne. Et un hymne aussi décalé, dédié à la vie difficile menée par les hommes quand il n'y a pas de femmes, c'est génial.


2 -  Connan Mockasin : "forever dolphin love". Tiré de l'album du même nom ("éponyme" dit-on quand on écrit pour les inrocks ou télérama. Mais comme je n'écris dans ni l'un ni l'autre -ouf- du coup, je parle comme tout le monde).
Quand Seb a diffusé ce morceau dans l'émission, ça nous a interpelés. Un ovni de 10 minutes, dont les 4 premières sont consacrées à trois intros (oui, trois), dont une très floydienne, forcément, ça laisse pas indifférent. Mais le reste du morceau m'a accroché et il s'est pas passé 12 heures avant que je le réécoute et le réécoute encore.
L'intro, donc. C'est une vraie intro, qui nous "plonge" littéralement dans l'ambiance du morceau, éthéré, polymorphe et entêtant.
Et puis il y a ce break.
Cette fameuse intro finit quand même dans un petit bordel avec même des bruits de robot. Vers les 3'50, une ligne de guitare émerge, accompagnée par une batterie légère. A 4'15 surviennent cinq coups de caisse claire qui remettent tout le monde en ordre et font démarrer le morceau. C'est fou de scotcher sur les breaks, mais j'aime particulièrement ça. J'en ai parlé avec Bruit fantôme lors de sa venue dans l'émission, car le bougre partage cette même fascination que moi pour ces virgules musicales, dont la force est de tout changer en 2 secondes.
Chacun son truc, hein.
Bref, tout se met donc en ordre de marche et là, c'est tout simplement merveilleux. Une ambiance douce, très "aquatique" (si Indochine a inventé "le cri dans l'eau en hiver", Connan Mockasin, lui, lance l'aqua-chant). Il y a quelque chose de fragile dans ce morceau, qui touche la petite fille qui sommeille en moi. Qui réveille mon amour enfantin pour "Le Grand Bleu". Cette façon de saccader les "love-ah-ahahah-ah" est très proche des trucs qu'on faisait quand, tout jeune, on chantait des trucs qu'on avait inventés. On boucle la rime comme on peut et voilà, quoi. Connan, il fait ça. Et il le fait super bien. Son morceau me donne envie d'aimer les dauphins, lui, les gens et tout ce qu'il voudra, il a touché mon petit cœur de toutes façons, il a le droit de tout.
(en plus, le clip est bô).

3 - Hundreds : "I love my harbour". Wooo, la claque que je me suis pris la première fois que j'ai entendu ce morceau. Super beau, vraiment. Il parait que Hundreds est un duo frère / sœur allemand et qu'ils sortent là leur premier album. Le reste m'a pas mal séduit aussi, mais ce "I love my harbour" est une vraie perle, belle et délicate. Un côté piano qui me fait penser à des trucs type Berg sans Nipple ou Playdoh d'il y a quelques temps. Ça touche mon petit côté mélostalgique. Une voix envoutante et une production sobre et efficace s'y ajoutent et le tout donne un morceau beau, subtil et vaporeux. Le meilleur du genre en ce début d'année pour moi. En plus, leur visuel est très réussi.

4 - John Grape : "Kill you". "Kill you" est à l'image du trio rémois (cocorico) : génial. C'est simple, pour moi, c'est LE morceau pop de ce début d'année. Il parle même d'amour, c'est dire. C'est l'illustration musicale du grand principe qui veut que simplicité = efficacité. Des arrangements et une batterie discrets qui servent des paroles touchantes, chantées à merveille par Vivien, le tout formant un ensemble très poignant, tantôt très doux et virant vers le plus fort. Un morceau d'amour, un vrai, qui tutoie tes tripes et fait cogner très fort ton petit cœur dans ta poitrine, soudain trop petite. Le morceau pop de ce début d'année, c'est incontestable et y'a rien d'autre à dire.
Et c'est vraiment chouette qu'il émane d'un groupe aussi sympathique et doué que John Grape, que j'aime d'un amour sincère.

5 - Rubin Steiner & Ira Lee : "Gay & Proud". Autre style! Une paire de gens de mon voisinage et de mon bureau ont dû se poser des questions me voyant, selon les jours, poussant la poussette de ma merveiiiiilleuse petite fille, aux côtés de Madame, ou marmurlant ( "marmonner" + "hurler". I feel soooo Barney Stinson today) que j'étais homosexuel et fier de l'être. C'est une part de la magie de mon ami Ruru Steiner. Il nous sort ici une partie musicale hip-hop vintage qui fait bigrement sautiller, sur laquelle il place les lyrics délirants du canadien rappeur Ira Lee. Des paroles toutes simples qui permettent, donc, au piètre angliciste que je suis de les balancer à tue-tête. "Say it loud !".

mardi 3 mai 2011

Playlist / mardi 3 mai 2011


John McCracken, de gauche à droite : Luster, Stardust et Ring, 2006 (Courtesy l'artiste et David Zwirner Gallery)

Woodkid / Iron
Bright eyes / Road to Joy
Bright eyes / Gold Mine Gutted
Beirut / The Penalty
Yann Tiersen / La terrasse
James Blake / I never learnt to share
Burial /Archangel
Connan Mockasin / Forever Dolphin Love
Beastie Boys / Make Some Noise
Daedelus / Penny Loafers
Deerhoof / Qui dorm, nomès somna
Mclusky / Alan is a Cowboy Killer
Justice / Civilization
Arnaud Rebotini / Personnal Dictator
Hundreds / I love my harbour
A sunny day in Glasgow / Sigh, Inhibitionist
Gastr Del Sol /The Seasons Reverse
Tortoise / TNT
Jay Jay Johanson / Monologue

lundi 2 mai 2011

Viva ballenas independientes !


Hans-Peter Feldmann, Posters, 1976 (Collection FRAC Nord-Pas de Calais)

Et si je vous causais un peu d'musique, pour changer ?

Les joies du sampler. Une heure de choses dont tu n'as strictement jamais entendu parler, ou presque (j'ai une capacité mnémonique proche de celle du poisson rouge, ça aide pas, mais là je jure qu'à deux ou trois morceaux près...), réunies sous un obscur étendard, "Better pop music". Cool.
En plus, ce gentil disque m'a été envoyé gracieusement avec mon exemplaire de "Swim".
Très cool.

Je l'avoue, je suis homme à me fier à deux ou trois apparences : un nom évocateur, un visuel accrocheur... Apparences qui, selon mon humeur du jour, la position de la lune ou l'âge du Capitaine, peuvent très bien me séduire à jamais ou me rebuter de manière irréversible.

Je parcours la playlist dudit sampler et tombe, interloqué, devant un sobriquet, ma foi, rigolo :"freelance whales". Ok, les "baleines indépendantes", ça, ça me botte, on y va. "Generator 2nd floor" lâche ses premiers accords, puis dévoile très vite son optimisme et son énergie : je suis sous le charme.

254 écoutes plus tard, ce charme opère toujours (je suis par ailleurs très monomaniaque, mais on y reviendra une prochaine fois), sans que je n'ose encore aller à la découverte de leur album "Weathervanes". Pas envie que mes jolies baleines ne troquent leur liberté et leur fraîcheur pour quelconque pop lourde et convenue. Les amours déçues, j'ai donné étant plus jeune et je me suis juré de ne pas y revenir. Je résisterai à la tentation, foi de moi.

Mais je n'ai aucune volonté.

Et un beau jour, je trouve l'opus sus-nommé en écoute sur un site internet bien connu. Allez, après tout, je ne risque pas grand chose à écouter le premier niveau du fameux "generator", qui ouvre l'album... Ok, pas mal.

... Allez... Je me suis "saisi"... Maintenant, je plonge.

Et ben "weathervanes" est vachement bien.
Sérieux.
Et je dis pas ça parce que "freelance whales", un an après, ça me fait toujours rire. Non non, c'est un disque pop ensoleillé, sans grande prétention, mais bigrement efficace. Bon, ça ne sera pas non plus le truc qui marquera à jamais votre vie (quoique, "freelance whales", ça s'oublie pas), mais le premier album de la troupe new-yorkaise regorge de petites mélodies et autres envolées pop qui ne devraient pas déplaire aux amateurs de Sufjan Stevens (certains parlent aussi d'Arcade fire, mais je ne m'y aventurerai pas) ou, pour citer d'autres références, de Passion Pit, Arch Woodmann ou Belle & Sebastian.

Le parallèle avec ce cher Sufjan ne tient pas qu'aux mélodies. L'ambiance et la construction de "Weathervanes" m'ont fait penser à "Come on and feel the Illinoise", notamment sur la façon d'amener le génial - allez, j'ose- "generator 2nd floor". Ça lui donne presque autant d'impact qu'un "Chicago". Si si. Presque.

Donc voilà, "Weathervanes" a tout pour être LA bonne surprise et LA bo officielle d'un printemps ensoleillé. Il succède dans ce palmarès, de mon côté, au "Wolfgang Amadeus Phoenix", c'est LE disque qui tombe à pic, qui colle à la douceur ambiante et qui te donne envie d'aimer le monde (sauf toi, là-bas). Et pour couronner le tout, mes baleines chéries, qui ont l'air fort sympathiques -en témoignent de nombreuses vidéos live- regorgent d'idées, et ça c'est bien chouette.

Et pour le prouver, voici la (bien chouette, donc) vidéo qui a été faite sur leur (bien chouette) morceau "Enzymes".

Elie (bien chouette)

mardi 19 avril 2011

Playlist / mardi 19 avril 2011



Rainier Lericolais, Oscillogramme, 2007 (Courtesy l'artiste et galerie Frank Elbaz)


The Strokes / Taken for a Fool
The Innocence mission / My sisters return from Ireland
To Rococo rot / Telema
Pantha du Prince / Stick to my side (Four tet remix)
The Go-betweens / Two step, step out
The Go-betweens / Love is a sign
Einstürzende Neubauten / Youme & meyou
Einstürzende Neubauten / Let's do it a dada
Sébastien Schuller / Donkey boy
Pokett / Three more chords
Pan American / Skylight
Jònsi / Kolniòur
Deleyaman / The doubt and louyce

et en cadeau, le clip du très bon "Every minute alone" :

 

... et celui de "The Gutter"

mardi 12 avril 2011

Playlist / mardi 12 avril 2011


Amish Fulton,  An Eighteen Day Road Walk Across Southern England, 1984 (Courtesy l'artiste et Danese Gallery)


Airwaves / Ride
Timber Timbre / Too old to die young
Kurt Vile / Peeping Tomboy
Metronomy / The Look
M83 / Slowly
The Pains of being pure at heart / Belong
The Smashing Pumpkins / Cherub Rock
The Unthanks / The Gallowgate Lad
Wovenhand / A Holy Measure
Warpaint / Set your Arms down
Portishead / The Rip
L'Altra / Soft Connection
L'Altra / Telepathic
The Stranglers / Nice n'Sleazy
Modern English / Life in the Gladhouse
Mondkopf / extrait du live @ Gaité Lirique
Mondkopf / Scream of stars
Hot club de Paris / Free the Pterodactyl 3
Thurston Moore / Circulation (1st demo)

lundi 4 avril 2011

"Watashi wa Nihon ga suki desu!" - Makoto Shinkai

Troisième rendez-vous nippon, consacré à celui qu'on a parfois appelé "le nouveau Miyazaki" (ce qu'il a eu le bon goût de refuser) : Makoto Shinkai.

Le côté Miyazaki, on le trouve vite dans deux caractéristiques des films de Shinkai : ils sont esthétiquement irréprochables, ils sont habités par une très agréable ambiance contemplative et ils mettent souvent en scène des enfants. Ca s'arrête plus ou moins là. Résolument ancré dans le Japon contemporain (restitué très fidèlement), l'univers de Shinkai est aussi marqué par une dimension fantastique empruntée aux jeux vidéos (son premier métier).

En fait, Shinkai serait presque plutôt "le Jiro Taniguchi de l'animation", plus que "le nouveau Miyazaki". On retrouve beaucoup de choses en commun dans leurs travaux, et notamment cette immersion dans le Japon actuel teintée d'une touche surréaliste. On voyage dans le temps autant que dans l'espace.

Concrètement d'ailleurs, pour l'espace, thème que l'on retrouve dans "La Tour au-delà des nuages" et dans "Voices of a distant star".
Le temps se traduit plutôt par l'évolution des sentiments amoureux au fils des ans. C'est un aspect du scénario de "Voices of a distant star" ou les deux héros sont "séparés" par des années lumières et c'est le sujet du très très beau "5 centimètres par seconde".

L'autre chose qui me fait penser à Jiro Taniguchi en évoquant Shinkai, c'est la douceur simple qui habite leurs travaux. Les scénarios ne sont pas forcément transcendants (j'exclue "Quartier Lointain"), il faut accepter de se laisser porter. "5 centimètres par secondes" en est le parfait exemple. Il est très beau (déjà dit), il est aussi et surtout très "doux", apaisé et sensible. Un brin facile parfois, c'est vrai. Disons qu'on voit bien où on va atterrir, mais c'est pas grave. Le voyage est agréable, chouette et nous fait passer un super moment.



A noter qu'un coffret dédié à Makoto Shinkai existe. On y trouve "Voices of a distant star" et "5 centimètres par seconde", mais aussi le délicieux court-métrage "Elle et son chat", œuvre de jeunesse de Shinkai, qui raconte les relations d'un chat très "kawai" avec ses amoureuses : sa maîtresse et la jeune chatte Mimi. Les chats sont trognons à souhait et ce monologue félin est un régal.

mardi 29 mars 2011

Playlist / mardi 29 mars 2011


Raymond Pettibon, No Title (Ruining their looks...), 1982 (Courtesy l'artiste et David Zwirner Gallery)

Seb Adam / Les rosiers
Grimes / Vanessa
Alela Diane / To begin
Elliott Smith / Can't make a sound
MGMT / Someone's missing
Chain & The gang / Detroit music
Chain & The gang / Detroit music pt II
Make up / Wade in the water
Kim / La grande traversée
My bloody Valentine / Sometimes
Daniel Snaith & Four Tet / Ye Ye
Rubin Steiner & Ira Lee / Gay and Proud
Young Michelin / Les copains
Dan Auerbach / Whispered words (pretty lies)
Calc / I care about you
Low / Especially me
Seb Adam / Manchester rain
R. Stevie Moore / I've begun to fall in love
Paul & Linda Mc Cartney /  Ram on

mardi 22 mars 2011

Playlist / mardi 22 mars 2011


Öyvind Fahlström, Garden - A World Model, 1975 (Courtesy The Öyvind Fahlström Foundation and Archive at MACBA)

Jose Gonzalez / Cycling Trivialities
The Posies / She's coming down again
Teenage Fanclub / Happiness
The new Pornographers / Hey snow white
Arch Woodman / Five Blessings
Syd Matters / Rest
Keren Ann / You were on Fire
Chieko Mori / Midare (Chaos)
Daedelus / Slowercase D
Bolibol / Friends
PJ Harvey /The last living Rose
Les Marquises / Oh my Lover (PJ Harvey cover)
The Married Monk / Painful Summer
Mendelson / Auto stop
Avey Tare / Oliver Twist
Akron Family / Light Emerges
Josh T. Pearson / Sweetheart I ain't your Christ

lundi 21 mars 2011

"Watashi wa Nihon ga suki desu!" - Satoshi Kon

On continue ce petit voyage dans l'animation nippone avec un réalisateur que j'aimais particulièrement : Satoshi Kon.

En fait, j'avais préparé une sorte de "capsule" en son honneur pour diffuser à la radio, mais ma nullité en techniques de montage audio l'a rendue inaudible. Je vais tâcher de me rattraper aujourd'hui.

Si je me suis arrêté sur une œuvre particulière de Takahata, je serai bien incapable de faire de même pour Satoshi Kon. Le premier de ses films que j'ai vu, c'est le génial "Tokyo Godfathers". Un coup de foudre. Rétrospectivement, c'est bien d'avoir commencé par ce qui est son troisième film, il est très réussi tout en étant... "facile à regarder". Les graphismes et l'animation sont très chouettes (remarquez, tous les films de Satoshi Kon sont irréprochables de ces côtés là), les personnages sont hauts en couleurs, l'histoire est simple et efficace et enfin, la musique de Keiichi Suzuki (qui a bossé avec Kitano sur "Zatoichi") est la petite cerise que l'on apprécie toujours de trouver à sa place, sur le gâteau.
Certaines séries ou certains films placent des villes ou des lieux comme actrices / acteurs à part entière. C'est bien connu : "Friends" ou "How I met your mother" pour NY ou -pour faire vite-  "Amélie Poulain" pour Paris (la liste est longue). La capitale japonaise est l'un des personnage du film de Kon, géographiquement et sociologiquement. "Géographiquement", je pense que tout le monde pige, pas de problème. Pour expliciter le côté "sociologique", je dois rentrer un peu dans le scénar du film. Grosso modo, "Tokyo Godfathers" raconte l'histoire de trois SDF, un homme ruiné, un travesti et une adolescente fugueuse, qui trouvent un bébé et une clé le soir de Noël. On suit leurs aventures pour retrouver la mère dudit bambin et on se plonge dans le quotidien singulier des SDF de Tokyo (on découvre les fameuses tentes carrées dans les parcs). Pour l'avoir vu en vrai, c'est exactement ça.


Un autre des aspects des films de Satoshi Kon, c'est la mise en scène des rêves et des troubles psychiques. Il a commencé dès son premier film, "Perfect Blue", et sa jeune chanteuse Mima, frappée de schizophrénie, il l'a approfondi dans "Paranoia Agent" -série hallucinée en 13 épisodes qui nous met en chasse du "gamin à la batte"- et on le retrouve dans son dernier film, "Paprika".


"Tokyo Godfathers" était un coup de foudre, mais "Paprika", on en tombe amoureux. Les aventures de cette ardente rousse, sorte de "Miss Hyde" d'une professeur toute sage, sont un pur régal.


Comme j'ai déjà été assez long dans ce post, je vais un peu abréger. "Paprika", il faut le voir. Ce rythme, cette héroïne aussi sexy que délurée, cet univers saupoudré de sortes de dimensions parallèles, cette fin à la Akira (Satoshi Kon a appris le métier de mangaka auprès du maître Ōtomo)... Et puis, cette musique. C'est Susumu Hirasawa, gourou de la "techno-punk", qui l'a signée. Hirasawa avait déjà bossé avec Satoshi Kon sur "Millenium actress" (on remonte un peu dans la frise chronologique, "Millenium actress" est le second film de Kon) et pour "Paprika", il signe une BO détonante, barrée, qui colle parfaitement au film.

« Je n'ai pas réussi à mourir ! » 

Satoshi Kon a été emporté par un cancer du pancréas le 24 août dernier, à l'âge de 46 ans. Auteur hyper doué, talentueux et généreux (il a participé à la création de la Japan Animation Creators Association afin d'améliorer les conditions de travail des jeunes animateurs), il a signé une œuvre aussi captivante que singulière, qui nous plonge aussi facilement dans le Japon contemporain que dans un univers parallèle halluciné. Parfois, en même temps, d'ailleurs !
Pour ceux qui n'ont pas la larme facile, Satoshi Kon a demandé à sa femme de publier un récit où il raconte ses derniers mois de vie. Il y décrit sa maladie, son combat et son agonie, "à la japonaise", avec humilité, humour, altruisme mais aussi une inquiétude et une émotion "maîtrisées", sincères et immensément touchantes.

mardi 15 mars 2011

Playlist / mardi 15 mars 2011


Geoffrey Farmer, The Vampire of Coyoacan and His Twenty Achichintles, 2010 (Courtesy de l'artiste et Casey Kaplan Gallery)

Mazzy Star / Flowers in December
Lykke Li / Sadness is a Blessing
Warpaint / Majesty
DJ Krush / Kemuri
Riow Arai / Hyp
DM Stith / A soft Seduction (David Byrne cover)
Koudlam / See you all (Vondelpark rework)
Sonic Youth / Thème d'Alice
Hercules and Love Affaire / Theme
Chromatics / Hands in the Dark
Forest swords / Hoylake Misst
Pete Astor / Buddha Said
Franck Alba / One Minute to shadO
Hannah Peel / But if I glance
Opiate / Some Birds are bigger than others
Wixel sonics / Seconds
Andrew Bird vs Konono n°1 & Sobanza Mimanisa / Ohnono/Kiwembo
Erland and the carnival / I wish I wish
John Grape / Pale Girl
Barzin / Look what Love has turned us into
Maria Minerva / Little Lonely
The Tyde with Piper Kaplan / Leaves (Primal Scream cover)

dimanche 13 mars 2011

"Watashi wa Nihon ga suki desu!" - Isao Takahata

L'actualité récente m'a un peu rattrapé. Ca fait quelques temps que je réfléchissais à écrire sur ce blog des choses sur certains aspects de la culture nippone.
Je verrai jusqu'où ça me mènera, mais je tiens à commencer par un hommage à des personnalités de l'animation japonaise, que j'apprécie tout particulièrement.

Oui, c'est vrai, au Japon, il y a Miyazaki. N'importe quel adulescent qui a vu une fois Totoro ou n'importe quel film du fondateur du studio Ghibli vous le ressort systématiquement. Et "blabla poésie" et "blabla onirisme" et "blabla messages de tolérance"... Qu'on ne s'y trompe pas, j'adore Miyzaki, évidement, mais je regrette que bien souvent, il ne soit que l'arbre qui cache la forêt. Y compris vis-à-vis du studio Ghibli, car en France on connait déjà beaucoup moins le travail d'Isao Takahata.

Isao Takahata
Takahata, c'est l'autre. L'autre tête pensante, l'autre génie du studio Ghibli. Il est connu par certains comme étant le réalisateur du magnifique (mais absolument larmoyant) "Tombeau des lucioles". Ou encore l'incroyable, décalé et hilarant "Pompoko". "Pompoko"... C'est un film merveilleux, qui traine des les rapports entre l'homme et la nature, mais sur un ton radicalement différent de celui d'Hayao Miyazaki.
Il nous plonge dans une tribu de Tanuki, esprits de la forêt, qui ressemblent à des blaireaux (wikipedia parle de chiens viverrin, mais je sais pas ce que c'est un "chien viverrin"), bestioles protéiformes aux énormes testicules, plutôt glandeuses et fêtardes sur les bords.

impressionnant, non?
Nos amis Tanuki sont dans la mouise. Dans les années 60, ces crétins expansifs d'humains ont en tête d'élargir encore un peu plus les contours de la mégalopole tokyoïte. Et notamment toucher les alentours de la rivière Tama. Les Tanuki vont alors se mettre à échafauder des plans pour faire comprendre aux promoteurs qu'il faut qu'ils laissent leur forêt tranquille (parce que, bien sûr, on est pas censés les voir, ces esprits). Bon, ok, y'a quelques longueurs, mais c'est intelligent, bien foutu, assez barré et surtout très drôle.
Autant "Le tombeau des lucioles" vous plombe n'importe quelle humeur au beau fixe (une fois prévenu(e), regardez-le quand même, c'est un chef d'œuvre absolu), autant "Pompoko" ensoleillera n'importe quelle journée pourrie (et dieu sait qu'il y en a).
Takahata est aussi le réalisateur de "Omoide Poroporo" ou "mes voisins les Yamada" et - a priori- c'est lui qui signera le prochain Ghibli :  "Le conte du coupeur de bambou ". Impressionnant, quand on sait que le maître a dépassé les 75 ans.

C'est tout pour aujourd'hui. Une prochaine fois, l'animation servira de prétexte pour parler aussi de musique, promis.

Et ça vaut ce que ça vaut : courage, mes amis japonais. J'ai eu la chance de visiter votre merveilleux pays et depuis, je ne rêve que d'une chose : y retourner...
Elie

mardi 8 mars 2011

Playlist / mardi 8 mars 2011


Manfred Pernice, Wolfenbüttel, Emsland (bipartite), 2004 (Courtesy l'artiste et galerie Neu)

The Third Eye Foundation / Closure
Alela Diane / To begin
Suzanne Vega / Caramel
Robin Pecknold (feat Ed Droste) / I'm losing myself
Forest Swords / Miarches
The Cave Singers / Dancing on our graves
Port O'Brien / I woke up today
Joy / Vertigone
The Apartments / Mad cow
The Low Anthem / Ghost Woman Blues
Solar Bears / Cub (Keep Shelly in Athens remix)
Of Montreal / Enemy Gene
MGMT / Song for Dan Treacy
Keren Ann / All the beautiful Girls
Benjamin Biolay / Dans Paris
Low / Try to Sleep
Tyler, the Creator / French (Toro y Moi remix)
Josh T. Pearson / Woman when I've raised Hell
Will Oldham / New Gypsy
La Sera / Never come around
Airwaves / Radio

mardi 1 mars 2011

Playlist / mardi 1er mars 2011


Daniel Pflumm, "o.T." (C&A), 1999 (Courtesy l'artiste et Kerstin Engholm gallery)

Mogwai / White noise
The Nightcrawler / Abel's looking for a major label
The Album leaf / Red-eye
Yo la Tengo / By two's
Calexico / Fade
Murcof / Recuerdos
Boards of Canada / Sixtyniner
Bot'ox / Blue steel
Zombie zombie / Halloween
Pastry case / A fish
Vampire weekend / Giving up the gun
PVT / Church with no magic
Mogwai / New path to helicon pt1 (live)
Hint vs Ezekiel / Chinatown
Salem / Asia
Bruit Fantôme / Krater
Bruit Fantôme / Kolonisation
Bruit Fantôme / Sad disco dancer